La société de caution adopte un nouvel outil d’analyse développé par le BIPE.
Le but, stimuler la production de nouveaux crédits aux entreprises.

Pour ses cinquante ans, la Siagi met davantage de technologie dans son moteur. Cette société de caution à l’identité originale – elle est détenue à 60% par les chambres de métiers et d’artisanat, à 25% par les grands groupes bancaires français et à 15% par Bpifrance – apporte aux plus petites entreprises sa garantie afin qu’elles accèdent au crédit bancaire. Ses interventions ont permis en 2015 l’octroi de 612 millions d’euros de crédits au profit de 3 500 emprunteurs. Après deux mois de tests, elle annonce ce lundi l’adoption d’un nouvel outil visant à affiner ses méthodes traditionnelles d’analyse crédit. Cet instrument (baptisé « Bipe Rating ») lancé début 2016 par le BIPE (connu pour ses activités de conseil en stratégie et de prospective) « permet d’évaluer et d’analyser la solidité financière de 200 millions d’entreprises dans le monde en croisant tout type de données publiques (financières, juridiques, sectorielles, socio-économiques…) », explique Pascal Le Merrer, président du BIPE.

Gagner en productivité

« Pour l’heure, nous nous appuyons sur la connaissance de terrain des 350 000 entreprises dont nous avons garanti les financements depuis cinquante ans. Avec ce nouvel outil, nous aurons en instantané accès à des données enrichies concernant toutes les TPE – et pas seulement celles que nous connaissons déjà – avec des comparaisons entre acteurs du même secteur ou de la même région », remarque Michel Cottet, directeur général de la Siagi. Au-delà du progrès technique, la Siagi espère gagner en productivité, et in fine stimuler la croissance du crédit aux TPE. « Actuellement, les TPE accèdent au crédit qu’elles ont demandé dans 80% des cas, alors que ce taux est de 90% pour les PME. Si grâce à cet outil digital qui tient mieux compte des spécificités de chaque entreprise, nous pouvions gagner 1 point, cela représenterait déjà 600 millions d’euros de crédits supplémentaires pour les TPE et les entreprises artisanales », affirme Bernard Stalter, président de la Siagi.

Ce surcroît d’activité pourrait provenir de la vague de transmissions d’entreprises qui s’annonce (avec les départs en retraite du baby-boom) ou du financement de jeunes entrepreneurs en reconversion professionnelle que les standards actuels d’analyse du risque rendent plus difficiles à financer.

Edouard Lederer, Les Echos

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Non classé Publié le: 21-06-2016