Sur le plan de la conjoncture économique, l’année 2016 se conclue sur une note nettement plus positive qu’elle n’avait débuté.

 

Aux Etats-Unis, la croissance rebondit à plus de 3% (glissement trimestriel annualisé) au 3ème trimestre. Au lendemain de la victoire de Donald Trump, la confiance des ménages comme des entreprises est portée en fin d’année par la promesse d’un programme économique de baisses d’impôts et d’une relance des dépenses d’infrastructures. La zone euro rebondit également en fin d’année et les indices de confiance s’améliorent partout, grâce notamment à la baisse de l’euro et à la perspective d’une moindre pression budgétaire. Les risques économiques induits par le vote surprise en faveur du Brexit au  Royaume Uni, ou le « non » au referendum italien, ne se sont pas matérialisés dans l’immédiat. En France, la faiblesse de l’activité au deuxième et au troisième trimestre, liée en partie à des facteurs exceptionnels, devrait limiter la croissance à 1.3% (source BIPE) en 2016. Néanmoins, l’amélioration des indicateurs de confiance est sensible en fin d’année comme ailleurs en Europe et devrait perdurer au premier trimestre.

 

La remontée des prix du pétrole et la stabilisation des prix de matières premières a permis de soutenir les pays producteurs. La Russie et le Brésil, bien qu’encore en récession cette année devraient retrouver le chemin d’une croissance encore modeste dès l’an prochain. L’économie chinoise continue de ralentir progressivement, la baisse de la devise (fuite de capitaux), la montée de tensions politiques et économiques avec les Etats-Unis, laissent néanmoins planer d’importantes incertitudes sur le cours de l’activité l’an prochain.

 

Sur le plan des marchés, l’année a été portée par le rebond des prix du pétrole, la forte progression du dollar, le repli des marchés obligataires. Alors que les rendements obligataires jusqu’à 10 ans des principales économies développées approchaient ou franchissaient à la baisse le seuil de 0% en début d’année, la tendance s’est brutalement inversée à la fin de l’été, sous le coup de la reconstitution d’anticipations d’inflation et de remontée des taux directeurs de la Réserve Fédérale des Etats-Unis.  De plus, la livre sterling s’est effondrée dans le sillage du Brexit, entraînant également les rendements obligataires du pays, menacés d’une inflation importée.

 

L’année 2017 s’ouvre donc sous de meilleurs auspices, ce que reflète le rallye boursier quasi général de fin d’année. On constate que le chômage tend à se replier à peu près partout. Les Etats – sous la recommandation des organisations économiques internationales – sont incités à soutenir l’activité économique par une moindre pression budgétaire, allant même jusqu’à la mise en œuvre de politiques plus pro-actives.

Nous avons d’ailleurs relevé nos prévisions de croissance pour 2017 lors de notre présentation de fin d’année. En revanche, d’importantes incertitudes subsistent :

 

  • A la veille de son investiture, il reste encore difficile d’estimer l’ampleur exacte du plan économique de Donald Trump et son impact sur l’économie : alors qu’il bénéfice de l’élan de fin 2016, doit-on craindre qu’une politique pro-cyclique conduise à une accélération de l’inflation ? Risque-t-il au contraire de décevoir son électorat en ne tenant pas les promesses faites ?
  • La poursuite de l’appréciation du dollar, accentuée par la déconnection croissante des politiques monétaires américaine, européenne et japonaise, pourrait peser sur les déficits extérieurs du pays et agiter encore un peu plus les pressions protectionnistes. Hors des Etats-Unis, les pays ou les entreprises endettés dans cette devise sont fragilisés.
  • En Europe, plusieurs échéances politiques majeures font craindre une résurgence de l’influence des partis anti-euro et protectionnistes.
  • La hausse actuelle des prix du pétrole pourrait être capée par la reprise de la production hors de la zone OPEP et des pays ayant signé un accord de réduction de la production (dont la Russie), notamment aux Etats-Unis.

Compte tenu des acquis de croissance de fin d’année, 2017 devrait s’inscrire dans la continuité de 2016. Nous nous attendons donc à une poursuite du regain de croissance. Deux risques majeurs peuvent être identifiés à ce jour : une accélération non contrôlée de l’inflation et des chocs politiques nationaux et internationaux de grande ampleur.

 

Chef Economiste, Le BIPE – 09/01/2017

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Publié le: 09-01-2017